Parmi les formes données à la relation de travail, il en est une qui fait son chemin paisiblement, depuis d’assez longues années maintenant : le Travail en Temps Partagé (T.T.P.).
Il est à la fois assez facile de préciser ce concept, « outil » serait peut-être plus adapté, … et assez délicat à la fois car, comme tout ce qui « est fait sans vraiment le savoir », tout le monde dit le connaître, mais finalement, sa mise en œuvre réelle est assez restreinte, en tous les cas sous sa forme contractuelle du multi-salariat !

Car de quoi parle-t-on, exactement ?

Le T.T.P. est une forme de relation de travail délibérément choisie par un individu, qui souhaite partager son temps de travail entre plusieurs employeurs, … en restant – dans sa forme la plus canonique – sous le statut du salariat.
Ainsi, avec les récentes évolutions réglementaires liées au droit social français, il est possible d’établir de multiples (en fait, rarement plus de 3) contrats de travail en temps partiel simultanés, auprès de différents employeurs, et de valoriser son expérience professionnelle dans des contextes opérationnels différents.
Le T.T.P. s’adresse plus particulièrement aux cadres expérimentés, qui ont une réelle valeur ajoutée à propos d’un secteur économique, une fonction, une technologie, un savoir-faire, … Il couvre ainsi principalement ce qui relève des fonctions dites « support », dans une entreprise, mais peut s’appliquer également à des fonctions globales et de management.
Cette forme de relation de travail est particulièrement adaptée aux managers de transition, sachant qu’elle se marie fort bien avec un statut de salarié (CDD, voire même CDI) et, si l’entreprise cible préfère contractualiser via un contrat commercial, avec les formes du portage salarial, de la « prestation de services » (auto-entrepreneur, indépendant en société, …) ou celles qui relèvent du groupement d’employeur.
Pour l’individu qui a recours au T.T.P., cela lui permet de répartir son risque sur plusieurs sociétés, de mieux équilibrer sa vie professionnelle et ses autres centres d’intérêts, de disposer de plus de latitude pour « choisir » ses missions, de gérer plus facilement des périodes de transition comme celle le conduisant à la retraite, …

Quelles entreprises-cibles, et pour quel retour sur investissement ?

Même si cette forme de travail est pertinente au regard des plus grandes organisations, son lieu principal d’exercice est l’ETI (+ de 500 salariés)et la PME (au moins 20-25 salariés), … voire la start-up dans des contextes forts de transferts de savoir-faire ou de structuration.
En effet, ces entreprises peinent parfois à exprimer leurs besoins sous forme de « postes » … qu’elles redoutent presque toujours de ne pouvoir justifier « à plein temps » et « sur la longue durée ».
Le recours au T.T.P., ou dit plus exactement à un cadre expérimenté travaillant en temps partagé, permet à ces entreprises d’avoir accès aux mêmes compétences que les plus grands de leurs concurrents, pour un apport de compétences rapide et massif (les cadres en temps partagé sont souvent « sur-compétents » par rapport aux exigences réelles de la mission, … et surtout pour le juste temps nécessaire (la base est un contrat à temps partiel) … donc in fine pour un investissement abordable (n’est rémunéré que le temps imparti à la mission, pour le temps de la mission !).
En résumé, le T.T.P. est un outil particulièrement adapté aux caractéristiques de l’économie actuelle, car il allie la flexibilité recherchée par les entreprises, aux aspirations d’autonomie et aux objectifs de vie plus qualitatifs des cadres expérimentés, … le tout dans un schéma pécuniaire gagnant-gagnant !

Claude PUPPATTI
Membre du réseau fh@m+
(1) : la Fédération Nationale des Associations de Travail en Temps Partagé (www.fnattp.com) précise les règles déontologiques relatives à cette forme de relation de travail.